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Il y a des marchés les vendredis qui ne valent rien". Ce rapport nous apprend également que cette paroisse est sous la juridiction " de Mellet, marquis de Neuvic" que la dîme appartient à monsieur l'abbé de St Astier, que " les privilégiés possèdent 14 métairies comptant 27 paires de boeufs". Les rôles de la Taille comptent 4333 côtes on dénombre 220 boeufs et 4 moulins.

Pour la même période une partie des rôles de la taille qui porte sur les villages de Ponteilh, Régulie, Labattut, Frateau, Magnou, Le Breuil, Les Léonardoux, Les Jandilhoux, Les Jeannetoux, et La Veyssière permettent de faire une étude plus précise sur l'étendue et les revenus de cette partie de la paroisse.

 

Ce village représente 260 livres de taille sur les 787 livres qui comptent au total de la paroisse, soit environ le tiers des impositions, il en est de même pour les boeufs, soit 72 sur les 220 de la paroisse. Pour ces villages, nous avons 130 côtes qui comptent 90 agriculteurs exploitants dont 24 laboureurs qui exploitent 155 journaux, soit une moyenne de 2,5 hectares par ferme. Les laboureurs à bras qui sont deux fois plus nombreux ne travaillent qu'un peu plus d'un hectare chacun, plus du tiers ne possède qu'un ou deux journaux (un journal représente environ 40 ares) et compte tenu des rendements de l'époque, on voit mal comment ils peuvent assurer la survie de leur propriétaire. Dans cette partie de la paroisse, la vigne est présente, surtout dans les villages des coteaux, mais seulement 41 exploitants sur 130 se partagent les 90 journaux de cette culture. Sur les 14 métairies des "privilégiés", 8 sont dans cette partie de la paroisse où elles représentent presque la moitié des surfaces cultivées. La concentration de ces propriétés s'explique pare la présence du château de frateau qui à lui seul compte 5 métairies.

 

D'autre part, 11 métairies appartiennent à des propriétaires neuvicois, il y a également deux fermiers, un bordier, 10 journaliers, 59 laboureurs à bras. On relève 12 exploitants ayant un métier en plus de leurs terres, un praticien à Régulie, un faucheur à Labattut, un médecin à Ponteilh, un serrurier à Puyhastier, Frateau apparaît comme un village important puisque on y compte : 2 tisserands, un merreindier, un tailleur, un serrurier, et un maréchal, à La Veyssière on trouve un charron et un meunier.

 

Si la totalité des côtes de la paroisse ne sont hélas pas archivées, il n'en n'est pas de même pour celles des privilégiés qui sont complets. Qui sont donc ces heureux propriétaires, nous trouvons d'abord les nobles. Messire Louis-Raphaël-Lucrèce de Fayolle de Mellet, Seigneur marquis de Neuvic, qui possède le château de Neuvic avec une métairie à côté, une autre métairie proche du bourg (actuellement le presbytère), une autre métairie appelée St-Cernain (actuellement Centre d'Exploitation et d'Equipement), le Moulin de Planèze et celui de Villeverneix, un vignoble à Puy de Pont, plus des prés et des bois en différents endroits de la paroisse. Messire Jean Gilbert de Carbonnière, Seigneur de la Capelle et son épouse Lucrèce de Grimoard, une des trois filles de Jean IV Grimoard, Seigneur de Frateau, possède une métairie aux Roudiex, une autre aux Vivants, une autre à Bouysset et le moulin de La Veyssière. La nièce de Lucrèce de Grimoard, Lucrèce de St Chamans, épouse de Jean de Bertin, possède le château de Fratteau plus une métairie (appelé à la Planche) et une autre (appelée de la Grange) sans doute située autour du château de archivées, il n'en n'est pas de même pour celles des privilégiés qui sont complets. Qui sont donc ces heureux propriétaires, nous trouvons d'abord les nobles. Messire Louis-Raphaël-Lucrèce de Fayolle de Mellet, Seigneur marquis de Neuvic, qui possède le château de Neuvic avec une métairie à côté, une autre métairie proche du bourg (actuellement le presbytère), une autre métairie appelée St-Cernain (actuellement Centre d'Exploitation et d'Equipement), le Moulin de Planèze et celui de Villevernaix, un vignoble à Puy de Pont, plus des prés et des bois en différents endroits de la paroisse. Messire Jean Gilbert de Carbonnière, Seigneur de la Capelle et son épouse Lucrèce de Grimoard, une des trois filles de Jean IV Grimoard, Seigneur de Fratteau, possède une métairie aux Roudiex, une autre aux Vivants, une autre à Bouysset et le moulin de La Veyssière. La nièce de Lucrèce de Grimoard, Lucrèce de St Chamans, épouse de Jean de Bertin, possède le château de Fratteau plus une métairie (appelé à la Planche) et une autre (appelée de la Grange) sans doute située autour du château de

 

Messire Gabriel de Talleyrand Périgord, comte de Grignols, habitant en son château de Beau Séjour, possède une métairie dans le village de Léonardoux. Le Seigneur compte... possède une métairie aux Reilhac. Quelques bourgeois de Périgueux possèdent également des métairies à Neuvic : Pierre Aubin Bruneaud, Seigneur de la Lande, domicilié à Périgueux possède une métairie dans la paroisse. Jean Laporte Seigneur de la Munénie, habitant à Périgueux, possède dans la paroisse deux métairies aux Bertrands. Le sieur Aubertie, procureur au Sénéchal de Périgueux, possède une métairie à Ponteilh. Maître Daniel Gueydon, bourgeois habitant de Périgueux, possède une métairie aux Gaure. Voyons à présent qui sont les neuvicois propriétaires de métairies, Laborie, praticien à Régulie; Bruneaud, médecin, en possède deux à Pontil, Laporte, lieutenant, une à Puyhastier; la veuve Montferrier à Magnou; Mazurie dit Labeylhie, habitant à Mauriac, a un métayer à Magnou, et un autre Mazurie, procureur d'office, possède deux métairies aux Jeannetoux et a également un bordier qui lui travaille un journal de terre;Pierre Augiéras, Seigneur de Blanzac, habite aux Jendilhioux où il a également un métayer; Catherine Yvert et son fils Jean Yvert ont chacun une métairie aux Jendilhoux.

 

Pour le reste de la paroisse, les documents n'existent pas, ce qui est regrettable surtout en ce qui concerne le bourg, car on aurait pu ainsi connaître l'importance du commerce et de l'artisanat. Cependant en consultant les cahiers de doléances rédigés le 9 mars 1789, on trouve un article où les habitants de la paroisse se plaignent des commerçants: " un peu plus de police dans nos campagnes et surtout une taxe régulière sur les principaux objets de la consommation comme pain, vin, viande. Plus d'exactitude à la faire observer quand elle est faite et punir les contrevenants. Nous n'ignorons pas qu'il y a touchant cet article, des ordonnances, des règlements, même des amendes, mais ce sont pour nous des épées qu'on ne dédaigne jamais ou presque jamais, nous sommes dans nos campagnes livrés à la cupidité des boulangers des aubergistes et des bouchers, et qui quoique y étant exemptés d'aucun droit, nous y payons néanmoins les susdits objets aussi chers que dans les villes où ils payent des droits considérables". Ce jour là, la première association des consommateurs neuvicois était née.

 

Si on poursuit l'analyse de ces cahiers, on trouve quelques articles significatifs de l'époque. Tout d'abord une revendication spéciale à Neuvic : " Enfin s'il est une paroisse qui mérite des égards dans l'imposition, c'est surtout la paroisse de neuvic. La moitié de ses fonds sont aux privilégiés et par cela même exempté des impositions dont la masse retombe sur la partie non privilégiée. La paroisse de Neuvic est d'ailleurs traversée de deux rivières dont la plus considérable est celle de l'Isle, ces deux rivières débordent ordinairement deux fois l'année et outre, que dans leurs débordements elles entraînent presque entièrement la récolte, elles laisssent d'ailleurs dans les fonds qu'elles couvrent des bancs de sable, en sorte que les différents aboutissants après avoir perdu leur récolte sont encore contraints de travailler toute l'année pour réparer les ravages du débordement".

 

On ne trouve pas de plainte relative " aux seigneur neuvicois", le marquis de Mellet, seul le droit de chasse est remis en cause, et dans cet article on sent déjà poindre un souci d'écologie : "L'extinction encore de ces droits exclusifs de chasse et de pêche, ça serait le moyen de donner à la nature sa première beauté, et nous ne serions pas si souvent exposés à l'invasion des nobles qui viennent avec le long attirail d'une chasse courante nous dévaster nos vignes et nos guérets".

 

Si le curé de Neuvic ne subit aucune attaque, il n'en n'est pas de même en ce qui concerne le reste du clergé : " Réduire ces gros décimateurs qui osent prostituer l'ÉVANGILES et compromettre la divinité même en taxant de droit divin le vol insigne qu'ils font à la Nation du 11ème de ses fruits...", et plus loin: "Raser ces moines et moinettes, amateurs des fadeurs d'une vie contemplative, qui vont s'anéantir dans les cloîtres et qui, non contents de dérober à l'ÉTAt une population qui lui serait nécessaire, lui dérobe encore un revenu immense qu'il amoncèlent depuis des siècles". Il est vrai que dans le passé, l'abbé de St Astier, décimateur général de la paroisse de Neuvic, ne s'est pas montré très tendre envers les neuvicois, il n'hésite pas à poursuivre devant le Présidial de Périgueux ceux qui ne payent pas la dîme. Dans les minutes du Présidial, on trouve pour l'année 1763 : " Sentences civiles et criminelles condamnant Arnaud Gabriel et Pasquet Defarges frère à payer au Seigneur abbé de St Astier, décimeur général de la paroisse de Neuvic, la dîme des pois potagers, lentilles, gesse et pois grisons qui se recueillent dans les fonds situés dans le village de Planèze, dans le champ et sur le pied du 11ème conformément à l'usage établi dans la paroisse de Neuvic, avec défense d'enlever les gerbes avant le paiement de la dîme".

 

L'année suivante, le même abbé de St- Astier porte plainte, toujours au Présidial de Périgueux " contre sieur Fargis, vicaire perpétuel de la paroisse de Neuvic qui le trouble dans la perception des fruits décimaux". Ce qui laisse supposer qu'entre le curé de Neuvic et l'abbé de St Astier les relations étaient plutôt tendues.

 

Dans la conclusion des cahiers, on trouve ce passage : " Dites à ce père tendre de la nation, cet auguste défenseur de la liberté française, dites-lui que si les attributs de la royauté et de sa sacrée personne lui permettait de s'éloigner du Louvre pour visiter ses enfants, il verrait la détresse, la misère qui consume nos familles et les fastes et les prodigalités qui au contraire dans ces temps de famine règne dans les palais des grands...".

 

En tenant compte bien sûr de l'exaltation qui est de mise dans la rédaction de ce genre de document, cette supplique au roi du tiers état neuvicois, traduit le malaise profond qui règne, à cette époque à Neuvic comme dans le Périgord et le Royaume, et qui annonce la Révolution.  

 

J.J. Elias (Bulletin municipal de Neuvic: Janvier 1995 )

 

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