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Neuvic, Saint-Léon, Grun et Vallereuil ne sont signalés, au XIIIe siècle, que comme des centres paroissiaux, d'autres endroits sont déjà le lieu d'implantation de chevaliers, et rentrent dans l'articulation défensive de la châtellenie de Grignols. C'est le cas entre deux autres de Puy-de-Pont et de Frateau. 

LE CHATEAU DE PUY-DE-PONT 

Le site de la Garenne fut sans aucun doute, depuis des époques reculées, un lieu privilégié pour des populations, qui pour des raisons de défense, aimaient s'installer sur les plateaux dominant les vallées.

Cette avancée au confluent des vallées de l'Isle, du Salembre et du Vern permit aux hommes préhistoriques d'en faire une sorte de camp retranché en le protégeant vers l'ouest, où il demeurait accessible, par deux importantes levées de terre.  On obtenait ainsi un triangle parfait ayant deux des ses cotés sur un à-pic, l'un vers l'Isle, l'autre vers le Salembre et le troisième fermé.

Après l'époque préhistorique, le site de la Garenne ne perdit pas son importance et les Gaulois l'aménagèrent et renforcèrent cette fortification. Avec l'arrivée des romains, ce site gardait toute sa valeur, car il commandait désormais un important passage, celui de la voie romaine qui suivant la vallée du Vern, traversait l'Isle au gué du Chalard, situé en amont du château vers le Déroc, puis s'engageait dans la vallée du Salembre vers Siorac-de-Ribérac et Verteillac.  Le site fut alors fortifié en pierres de taille, à la romaine, et devint alors une véritable citadelle.

L'Abbé  Audierne décrit abondamment ces lieux, tout d'abord sur l'origine du nom de Puy-de-Pont qui viendrait d'un pont établi sur le Salembre, où d'une famille Pontius d'après d'autres auteurs.  Il nous dit que "la citadelle forme une petite ville avec des murs solides pour la défense.  A l'intérieur, des locaux pour la garnison et les serviteurs, des greniers pour les provisions.  Pour y pénétrer, plusieurs portes gardées : elles s'ouvrent aux travailleurs de champs venant  s'y réfugier devant le flot de l'invasion ". Poursuivant son récit il nous dit "Je suppose que le premier Astérius venu en Périgord était un président de cette province envoyé par les romains.  Un de ses descendants possédait le château de Puy-de-Pont".

Les plus anciennes mentions écrites concernant ces lieux les nomment "Tonguda de Puy de Pont" selon de Gourgues, ou "Fortalitium Podît de Ponte" selon Lespine. On trouve aussi le nom de "Pontis Podium.

D'après Emmanuel Garraud, dès la conquête de la Gaule par les romains, vers 16 avant J-C, une famille romaine, les Astérius, se serait établie à  Puy-de-Pont et durant près de 7 siècles aurait régné sur la région.  Il nous dit que la citadelle avait 360 mètres de long et que " le patrimoine de la maison de Puy-de-Pont du temps des Astérius se composait de la plupart des terres et propriétés qui formaient une ceinture autour du château de Puy-de-Pont. Ces terres sont : Crognac, Montanceix, Lisle, Saint-Germain, Mauriac, Montréal. 

Elle possédait, en outre, des censives dans tout le canton connu sous le nom de la Double, dans toute la plaine de l'Isle depuis Périgueux jusqu'à Montpon, et le long de la Dronne depuis Bourdeilles jusqu'à Aubeterre ". 

Au VIe siècle, lors de l'évangélisation qui vit naître les paroisses, apparaît au pied de cette forteresse l'église "Sancti Petri de Arce ", autrement dit "Saint-Pierre de la Citadelle".

Succédant à la "Pax Romana", le pays subit la période des invasions et le déferlement des Barbares puis des Sarrasins. Par la suite, remontant l'Isle sur leurs drakkars, ce seront les pillards normands. En 849, ils détruisent Montpon et Mussidan, ainsi que les abbayes de Sourzac et Saint-Astier. On peut aisément penser que la citadelle de Puy-de-Pont et le village à ses pieds subirent le même sort. Il en fut vraisemblablement de même quand, en 853 et 865, les Vikings remontèrent l'Isle par deux fois pour atteindre Périgueux. 

Cependant, malgré cette longue période d'invasion et de destruction, nous retrouvons en 1256, toujours à Puy-de-Pont, de Vallebeonis, donzel, puis donzel dominus en 1323. Sur les mêmes lieux en 1323, nous trouvons de Grazinhaco, donzel.

A cette époque un donzel était un chevalier et le donzel dominus était le chevalier bénéficiant du titre de chef de sa maison. Ces chevaliers devaient toutefois rendre hommage au comte de Périgord, seigneur du castrum de Grignols. Ces faits tendraient à prouver que jusqu'au XIVe siècle Puy-de-Pont était une motte castrale dépendant de la Châtellenie de Grignols.

Elle fut vraisemblablement récupérée par la famille de Fayolle de Mellet à son arrivée  à Neuvic en 1520, car nous retrouvons en 1635 un membre de cette famille, Phillipe de Fayolle de Mellet, seigneur de Puy-de-Pont. 

La vieille citadelle fut-elle remise en service durant la Guerre de Cent Ans ? C'est possible, sinon probable car, dès que revenait l'insécurité, elle constituait un excellent bastion de surveillance, de défense ou d'attaque au carrefour des trois vallées.

Dans la tradition populaire, mais également sur le cadastre, ces lieux sont désignés sous le nom "Château Rompu". Par qui fut-il rompu ? Par le temps ou par les hommes ? Comme il existe au pied de la colline un chemin qui a longtemps porté le nom de "chemin de Talbot", on en est venu à dire que le château de Puy-de-Pont avait été "rompu" par une attaque du célèbre général anglais, avant qu'il n'aille trouver la mort à la bataille de Castillon, en 1453.

Il ne reste rien depuis longtemps des ruines de ce château; elles servirent jusqu'à épuisement, de carrière de pierres pour les constructions du voisinage.

Cependant durant des siècles, et encore de nos jours, "la Garenne" reste pour les Neuvicois un lieu mythique, où vont se cristalliser les légendes de trésors cachés, et même de la présence du "Veau d'Or .

Cette légende fut-elle prise au sérieux ? Sans doute puisqu'au mois de mai 1707, le châtelain de Neuvic, Antoine-Joseph de Fayolle de Mellet, passionné  d'alchimie, entreprit des fouilles importantes sur la colline. Son ami, Lagrange-Chancel, présent à ces recherches nous en fait une description "On descendit dans de vielles masures et caveaux fermés par des grilles de fer". En fait de trésor on ne trouva que d'antiques chandeliers et quelques ouvrages en bronze et point d'argent ni de trésor, "du moins il n'en transpira rien" ajoute-t-il. Puis poursuivant, il écrit "Néanmoins, en labourant les terres aux environs, on trouve diverses médailles et pièces frappées au coin des anciens comtes du Périgord". 

De nos jours, la végétation et les arbres recouvrent entièrement la colline, on peut encore reconnaître les deux levées de terre qui marquaient les limites du camp gaulois; mais du château il ne reste rien, si ce n'est un petit pan de muraille vers le calvaire qui domine la vallée. 

LE CHATEAU DE FRATEAU 

C'est dès 115 8, que le comte de Périgord, seigneur de Grignols établi près d'une chapelle datant du Xe siècle, une motte castrale fortifiée. Il en confia la garde à un simple chevalier de sa maison, Hélie de Frateau.. C'est en 1264 que cette famille qui occupait Frateau comme gardienne, devint seigneur de ces lieux, et ainsi entre le Xlle et le XIIIe siècle s'édifia un château que l'on peut qualifier être le premier fief de la paroisse de Neuvic. 

L'attitude assez versatile de deux seigneurs de Frateau durant la Guerre de Cent ans, où ils s'alliaient alternativement avec le roi d'Angleterre et le roi de France, eu pour conséquence la confiscation du château par le seigneur de Grignols de qui relevait le fief.

En 1432 à  la suite d'un mariage le château passe dans la maison de Grimoard.  Il y restera durant trois siècles transmis de père en fils. 

En 1600, c'est François de Grimoard, seigneur de Frateau, qui épouse Lucrèce de Fayolle de Mellet, fille de François de Fayolle de Mellet, seigneur de Neuvic. Ils auront un fils Jean IV Grimoard qui par son mariage avec Charlotte de Villoutreix aura trois filles : Marie-Anne, Lucrèce et Gabrielle. A la mort de Jean IV le domaine des Grimoard sera démantelé, les filles se partageront ses nombreuses métairies et possessions.

Lucrèce mariée  à Jean Gilbert de Carbonnière, chevalier seigneur vicomte de la Chapelle en Agenais, a eu en héritage la métairie des Roudiex, celle de Bouysset et celle des Vivants où elle réside avec son époux, le jour de la vente du moulin de la Veyssière qui faisait également partie de son héritage. Cet acte a été rédigé le 2 mars 1729 "au lieu noble des Vivants".

Gabrielle mariée  à Louis-Mathieu de Saint-Chamand aura une fille Lucrèce qui épousera Jean de Bertin en 1705 et ainsi apportera le Château et les métairies qui l'entourent à la puissante famille Bertin, riches bourgeois de Périgueux. Jean de Bertin aura seize enfants, la première de ses filles, Catherine, sera mariée, âgée seulement de douze ans et demi, au seigneur de Neuvic, Henri de Fayolle de Mellet. Un de ses fils, le préféré, deviendra en 1741, âgé seulement de vingt-et-un ans, "conseiller de sa Majesté au Grand Conseil " du roi Louis XV.

Mais à  la mort de Jean de Bertin le 4 août 1754, ses enfants font poser les scellés sur le château. C'est à partir de cette époque que va s'engager un processus de lente destruction pour cet édifice. Le château deviendra par succession à la famille de Fayolle de Mellet, seigneur de Neuvic. Nous sommes à la veille de la Révolution et Louis Raphaël Lucrèce de Fayolle de Mellet essaiera en vain de mettre ses biens à l'abri avant d'émigrer, s'il y réussira pour le château de Neuvic, il n'en fut pas de même pour celui de Frateau, qui fut mis sous séquestre et vendu comme bien national le 16 germinal an II, (6 avril 1794). Le nouveau propriétaire convertit une partie du château en carrière de pierres. C'est ainsi que la chapelle, un étage et d'autres structures furent démolies.

Au XIXe siècle, ce qui reste du château fut divisé pour la vente en trois fermes mitoyennes.

Le dernier habitant de la ruine du château fut " le père Faurilloux" une figure locale, qui devra subir dans les années 1950, l'attaque d'une bande de malfaiteurs dans cette demeure ouverte à tous vents où il n'y avait rien à voler. 

En 1975, le château qui n'est plus qu'une ruine trouva cependant un acquéreur, une anglaise qui entrepris le défrichement des abords, mais après l'écroulement d'une partie de la façade, renonça définitivement.

Par la suite le château, devint la propriété de Daniel Piron qui décida de tout mettre en œuvre pour sauver ce qui restait de cet édifice. Ce fut un chantier gigantesque qui dura plus de dix ans, il réussi a sauver par un travail acharné, le corps de logis qui restait et à la rendre habitable. Il mit à jour, dans la partie ouest du château, les restes d'un four de potier du XIXe siècle. Etant lui-même potier, il installa dans une grange voisine du château un musée de la poterie. Il dégagea l'important cluseau qui courait sur plus de 55 mètres dans le sous sol du château. Il ouvrit ainsi le château aux visiteurs. 

LA TOUR DE GRIMOARD 

Cette tour fut démolie en 1808, elle était située au bas du village des Léonardoux, près du ruisseau du Biacle- On en retrouve la citation dans le Dictionnaire topographique de la Dordogne d'Alexis de Gourges, publié en 1873, il nous dit 'Ancien repaire noble près du ruisseau du Biacle - Tour carrée démolie en 18O8".Ermnanuel Garraud dans le livre sur Villamblard, publié en l868, écrit "Près du ruisseau du Biacle, se trouvait une tour carrée, qui fut démolie en 1808. une partie des matériaux servit à la construction d'une grange située au But.  A quelques mètres de la tour, sur le bord du ruisseau, on trouva le squelette d'un chevalier; son épée annonce qu'il devait avoir ce titre. C'est probablement quelque personnage tué pendant les guerres de Religion.  A coté de la tour de Grimoard, on voyait autrefois une ancienne abbaye " ' 

 Cette tour est également citée dans un rapport du 1er pluviose an II (20 janvier l794), sur "l'état descriptif des tours, créneaux, terrasses et courtines, dont les différents châteaux situés dans l'arrondissement du district peuvent être fortifiés, et pour en ordonner la démolition conformément à l'arrêté du représentant du peuple, Roux-Fazillac".  Ce rapport nous en donne la description suivante " une autre tour appelée la Grimaldie, située dans les appartenances de la métairie desLéonardoux, le tout appartenant aux émigrés Taleyrant, laquelle tour est à rez de chaussée et en plein champ". 

Cette tour ne fut pas démolie durant la Révolution, mais seulement sous l'Empire, et nous pouvons penser que ce n'est pas l'administration qui ordonna sa démolition, mais simplement les propriétaires du champ où elle s'élevait pour récupérer la terre et peut-être vendre les pierres. 

Le nom de Grimoard donné à cette tour permet de supposer qu'elle fut construite par les seigneurs de Frateau. A quelle époque ? Peut-être durant la guerre de Cent Ans, sa situation face au château de Mauriac en faisait-elle une tour de guet ? Nul ne le saura jamais, mais cette tour à fait partie jusqu'au début du XIXe siècle du patrimoine historique de Neuvic et il fallait en laisser le témoignage.
 

En ce qui concerne l'ancien repaire noble cité par de Gourgues et l'ancienne abbaye citée par Garraud, je n'en ai trouvé la trace dans aucune archive, mais ces deux édifices auraient pu se situer au village des Léonardoux. 

 LE CHATEAU DES CINQ-PONTS 

Alexix de Gourges, dans son Dictionnaire, nous dit " Ancien fief comprenant des tenures de Brandau, la Bosse, , la Colégie et le Voulon ". Aucun des noms des propriétés relevant de ce fief, et elles étaient nombreuses, ne correspondent aux noms cités par de Gourges. 

C'est aux Taillefer, seigneurs de Mauriac, que ce fief appartenait primitivement, le moulin des Cinq Ponts sur le Vern en était une dépendance. Par son mariage en 1634 avec Hélie de Chaban, Louise de Taillefer apporta ce fief dans cette famille. 

Dans un acte notarié du 7 juin 1670, "Messire Hélie de Chaban, donne à ferme à Sicaire de Boussavigne, son moulin proche de sa maison des Cinq Ponts, sur le ruisseau du Vern, avec le pressoir à huile, jardin et chènevière dépendant du dit moulin ". 

En 1731, on trouve dans les sentences civiles et criminelles de la Sénéchaussée de Périgueux, un jugement "condamnant Gabriel de Chabans à laisser prendre possession à demoiselle Marguerite de Chabans du moulin des Cinq-Ponts situé sur le ruisseau du Vergt". 

Marguerite de Chaban, demoiselle des Cinq-Ponts, dernière représentante de cette famille, mourut à 85 ans, en 1763, et laissa ses biens à ses cousins les seigneurs d'Epeluche. Le nouveau propriétaire devint Jean, vicomte de Chaban, seigneur de Saint-André et d'Epeluche, il ne garda que peu de temps les Cinq-Ponts et le revendit à Pierre Chapelou, seigneur de Saint-Pey, juge de la juridiction de Jaure. Cette chartreuse restera dans cette famille jusqu'à une date récente où elle fut vendue pour être transformée en hôtel. Un Chapelou Saint-Pey, habitant aux Cinq-Ponts à la Chartreuse, fut maire de Neuvic sous la Monarchie de Juillet de 1831 à 1836, date de son décès. 
 

J.J.ELIAS

chartreuse neuvic

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